Prime de départ à la retraite ARRCO : tout savoir sur le montant et les conditions (2026)

Tu approches de la fin de ta carrière et tu te demandes à quelle indemnité tu as droit au moment de quitter ton entreprise ? La prime de départ à la retraite — aussi appelée indemnité de fin de carrière — est une somme versée par l’employeur lors de la cessation de ton contrat de travail pour cause de retraite. Son montant, ses conditions d’attribution et sa fiscalité varient selon plusieurs paramètres que je vais t’expliquer en détail pour 2026.

Qu’est-ce que la prime de départ à la retraite ARRCO ?

La prime de départ à la retraite est une indemnité versée par l’employeur au salarié qui quitte son poste pour faire valoir ses droits à la retraite. Elle ne doit pas être confondue avec la pension de retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui est une rente mensuelle calculée sur la base de tes points accumulés tout au long de ta carrière.

L’indemnité de départ constitue un capital unique, versé en une seule fois au moment de la rupture du contrat. Elle est encadrée par le Code du travail, mais ta convention collective ou ton accord d’entreprise peut prévoir des conditions plus avantageuses. C’est toujours la formule la plus favorable au salarié qui s’applique.

En 2026, le plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 € (soit 4 005 € par mois). Ce chiffre sert de référence pour le calcul des exonérations sociales et fiscales liées à ton indemnité.

Barème 2026 : montants légaux selon l’ancienneté et le type de départ

Ancienneté dans l’entreprise Départ volontaire à la retraite Mise à la retraite par l’employeur
Moins de 10 ans Aucune indemnité légale ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté
10 à 14 ans ½ mois de salaire ¼ de mois par année (jusqu’à 10 ans) + ⅓ de mois par année (au-delà)
15 à 19 ans 1 mois de salaire Idem barème de licenciement
20 à 29 ans 1,5 mois de salaire Idem barème de licenciement
30 ans et plus 2 mois de salaire Idem barème de licenciement

Sources : Service-public.fr (mis à jour au 1er janvier 2026), Code du travail art. D1237-1 et suivants.

Qui a droit à la prime de départ à la retraite ARRCO ?

Conditions générales pour bénéficier de la prime

Pour avoir droit à une indemnité de départ à la retraite dans le cadre d’un départ volontaire, tu dois remplir deux conditions cumulatives : être titulaire d’un CDI et justifier d’au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise au moment de la rupture de ton contrat. Sans ces 10 ans, aucune indemnité légale n’est due. Ta convention collective peut toutefois prévoir un seuil d’ancienneté inférieur — auquel cas c’est cette disposition qui s’applique en ta faveur.

Départ volontaire vs mise à la retraite : quelle différence ?

Le départ volontaire à la retraite, c’est toi qui prends l’initiative de faire valoir tes droits à la pension dès l’âge légal. C’est une démission qualifiée, moins protectrice sur le plan fiscal et social. La mise à la retraite par l’employeur, à l’inverse, relève de l’initiative de l’employeur — généralement à partir de 67 ans. Elle suit les règles du licenciement et donne droit à une indemnité de mise à la retraite souvent plus élevée, avec un régime fiscal nettement plus avantageux.

Cas spécifiques : préretraite, rupture conventionnelle

Si tu pars à la retraite dans le cadre d’un dispositif de carrière longue (préretraite), tu peux percevoir une indemnité de fin de carrière sous réserve de justifier d’une ancienneté suffisante dans la profession. La rupture conventionnelle, quant à elle, ne permet pas de cumuler librement une indemnité de départ à la retraite : si tu remplis les conditions pour partir en retraite au moment de la signature, l’intégralité de l’indemnité est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations dès le premier euro.

Comment est calculé le montant de votre prime de départ à la retraite ARRCO ?

Détermination du salaire de référence

Le salaire de référence est la base de tout calcul de l’indemnité. La loi impose de retenir la formule la plus avantageuse pour toi entre deux méthodes : soit la moyenne mensuelle de ta rémunération brute des 12 derniers mois précédant ton départ, soit le tiers de ta rémunération brute des 3 derniers mois. Dans ce second cas, les primes annuelles ou exceptionnelles versées sur cette période sont prises en compte au prorata de 3 mois sur 12.

Par exemple, si tu as perçu une prime annuelle de 1 200 €, elle sera retenue à hauteur de 300 € seulement (1 200 / 12 x 3) dans le calcul sur 3 mois. C’est pourquoi il faut toujours comparer les deux résultats avant d’en conclure lequel est plus favorable.

Application du barème légal et conventionnel

Le barème légal fixe des planchers en fonction de l’ancienneté. Mais ta convention collective peut prévoir des montants supérieurs. C’est le principe de faveur : entre la loi, la convention collective et le contrat de travail, c’est toujours la disposition la plus favorable au salarié qui s’applique. Certaines conventions, comme celle de la métallurgie ou du bâtiment, prévoient des indemnités jusqu’à deux à trois fois plus élevées que le minimum légal.

Voir aussi :  SMIC 2026 : montant, évolution et calcul du salaire minimum en France

Calcul de l’indemnité selon l’ancienneté

Pour un départ volontaire avec 25 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 3 200 € brut par mois, l’indemnité légale s’élève à 1,5 mois de salaire, soit 4 800 € brut. Pour 30 ans d’ancienneté et un salaire de référence identique, elle atteint 2 mois, soit 6 400 €. Les années incomplètes sont prises en compte au prorata du nombre de mois complets. L’ancienneté est décomptée jusqu’à la date de fin effective du contrat de travail, c’est-à-dire à l’issue du préavis.

Le rôle des conventions collectives dans le calcul

La convention collective de ton secteur peut radicalement changer le montant de ton indemnité de départ. Certains accords sectoriels prévoient une progressivité plus fine — par exemple 0,5 mois après 2 ans d’ancienneté pour les premiers paliers, contre 10 ans dans le cadre légal. D’autres prévoient des majorations supplémentaires passé un certain âge ou pour des salariés en situation de handicap. Je recommande de vérifier systématiquement les dispositions de ta convention collective auprès du service RH ou des représentants du personnel.

Fiscalité et cotisations sociales de la prime de départ à la retraite

Régime d’imposition sur le revenu

Pour un départ volontaire à la retraite, l’indemnité est intégralement imposable à l’impôt sur le revenu. Tu dois la déclarer comme revenu ordinaire. Pour atténuer l’effet de ce revenu exceptionnel sur ton taux d’imposition, tu peux recourir au système du quotient, qui consiste à reporter une partie de l’indemnité sur une case spécifique de ta déclaration afin de lisser la progressivité du barème fiscal sur plusieurs années de référence.

Exonérations possibles (impôt sur le revenu, cotisations sociales)

En cas de mise à la retraite par l’employeur, l’indemnité bénéficie d’une exonération partielle d’impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé des trois montants suivants :

  • Le montant de l’indemnité légale ou conventionnelle (sans limitation)
  • 50 % de l’indemnité perçue, dans la limite de 5 fois le plafond annuel de la sécurité sociale (soit 240 300 € en 2026)
  • 2 fois la rémunération brute annuelle de l’année précédente, plafonné à 240 300 €

Concernant les cotisations sociales, la CSG et la CRDS s’appliquent sur la partie excédant l’indemnité légale ou conventionnelle, dans la limite de 2 PASS (96 120 € en 2026). Si l’indemnité dépasse 10 fois le PASS (480 600 €), elle est soumise aux prélèvements sociaux dès le premier euro.

Traitement des indemnités en cas de Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)

C’est l’un des rares cas où le départ volontaire à la retraite ouvre droit à une exonération totale d’impôt sur le revenu. Lorsque ton départ s’inscrit dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, l’indemnité de départ est exonérée d’impôt sur le revenu dans sa totalité. Elle est également exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 PASS (96 120 € en 2026) et de CSG/CRDS dans la limite du montant de l’indemnité légale ou conventionnelle.

Démarches et délais pour percevoir votre prime de départ à la retraite

Pour un départ volontaire, tu dois informer ton employeur de ta décision en respectant le délai de préavis prévu par ta convention collective — en général entre 1 et 3 mois selon l’ancienneté et le statut (cadre ou non-cadre). Je conseille de formuler cette demande par lettre recommandée avec accusé de réception pour sécuriser la date officielle de notification.

L’indemnité de départ est versée en même temps que ton dernier salaire, au moment du solde de tout compte. Elle doit figurer explicitement sur ce document. Si tu constates une anomalie dans le montant versé, tu disposes d’un délai pour contester auprès du conseil de prud’hommes.

Pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco, le délai moyen de traitement de ta demande est de 4 à 6 mois. Je te recommande de déposer ton dossier au moins 6 mois avant la date de départ souhaitée via le portail info-retraite.fr, qui permet de transmettre simultanément ta demande à l’Assurance retraite et à Agirc-Arrco en un seul formulaire.

Questions fréquentes sur la prime de départ à la retraite ARRCO (FAQ)

Puis-je cumuler l’indemnité de départ avec une rupture conventionnelle ?

Non, la rupture conventionnelle et le départ volontaire à la retraite sont deux modes de rupture distincts. Si tu remplis les conditions pour partir à la retraite au moment de la rupture conventionnelle, l’intégralité de l’indemnité versée est soumise à l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales dès le premier euro. Dans ce cas, un départ volontaire à la retraite peut s’avérer fiscalement plus avantageux selon ta situation.

Que se passe-t-il si je reprends une activité après ma retraite ?

La reprise d’une activité professionnelle après ton départ à la retraite ne remet pas en cause le versement de ton indemnité, qui t’a déjà été réglée. Cependant, si tu reprends un emploi salarié, ta pension de retraite peut être soumise à des règles de cumul emploi-retraite. L’indemnité de départ, elle, reste acquise définitivement. Elle ne peut être versée qu’une seule fois.

Mon entreprise peut-elle refuser de me verser l’indemnité ?

Non. Dès lors que tu remplis les conditions légales — notamment les 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise pour un départ volontaire — l’employeur est légalement tenu de verser l’indemnité. Tout refus constitue un manquement aux obligations du contrat de travail. Tu peux alors saisir le conseil de prud’hommes pour obtenir le paiement des sommes dues, éventuellement assorti de dommages et intérêts.

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L’indemnité est-elle la même en cas de mise à la retraite par l’employeur ?

Non. En cas de mise à la retraite par l’employeur — ce qui relève de l’initiative de l’employeur — l’indemnité de mise à la retraite suit le barème de l’indemnité légale de licenciement : ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis ⅓ de mois par année à partir de la 11e. Ce calcul est généralement plus avantageux que celui du départ volontaire à la retraite, surtout pour les longues carrières.

Comment prouver mon ancienneté en cas de changement de statut dans l’entreprise ?

L’ancienneté dans l’entreprise est calculée à partir de la date d’entrée dans la structure, quelle que soit l’évolution de ton statut (passage de CDD en CDI, promotion de non-cadre à cadre). Les bulletins de salaire, le registre du personnel et les avenants à ton contrat de travail constituent des preuves recevables. Si tu as effectué des CDD avant ton CDI dans la même entreprise, ces périodes sont prises en compte dans le calcul de l’ancienneté pour les 10 premières années.

Quel est le montant de la prime de départ à la retraite dans le privé ?

Dans le secteur privé, le montant de la prime de départ varie selon l’ancienneté et le salaire de référence. Pour un départ volontaire, la loi prévoit de ½ mois à 2 mois de salaire selon les paliers d’ancienneté. Mais de nombreuses conventions collectives du privé prévoient des montants supérieurs. Pour un salarié cadre avec 20 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 4 500 € brut par mois, l’indemnité légale atteint 6 750 € brut avant application des prélèvements.

Est-ce que l’employeur est obligé de donner une prime de départ à la retraite ?

Oui, l’employeur est obligé de verser l’indemnité légale de départ dès lors que le salarié remplit les conditions prévues par le Code du travail — notamment 10 ans d’ancienneté pour un départ volontaire. Il n’a cependant pas l’obligation de verser plus que le minimum légal, sauf si ta convention collective, ton accord d’entreprise ou ton contrat de travail prévoit un montant plus favorable.

Quelle indemnité après 30 ans d’ancienneté ?

Après 30 ans d’ancienneté dans l’entreprise, le barème légal prévoit 2 mois de salaire brut pour un départ volontaire à la retraite. Avec un salaire de référence de 3 500 € brut par mois, cela représente 7 000 € brut. Pour une mise à la retraite par l’employeur avec cette même ancienneté, le calcul est le suivant : (10 x ¼ x 3 500) + (20 x ⅓ x 3 500) = 8 750 + 23 333 = 32 083 € brut, soit un montant nettement supérieur.

Optimiser et anticiper votre départ à la retraite

Simulez gratuitement votre pension de retraite

Avant de fixer ta date de départ, j’encourage vivement à utiliser le simulateur officiel disponible sur info-retraite.fr. Cet outil te permet d’estimer le montant de ta pension de retraite de base et complémentaire selon plusieurs scénarios de départ. En testant différentes dates, tu peux mesurer l’impact d’un départ anticipé ou différé sur le montant mensuel que tu percevras pendant toute ta retraite.

Bilan retraite : évaluez vos droits

Un bilan retraite personnalisé te permet de connaître précisément le nombre de trimestres validés, les éventuelles périodes manquantes et les droits acquis auprès de chaque régime. Ce bilan est particulièrement utile si tu as eu une carrière morcelée, des périodes de chômage ou des emplois à l’étranger. Tu peux le demander auprès de ta caisse de retraite ou faire appel à un conseiller spécialisé.

Rachat de trimestres pour augmenter votre pension

Si tu constates que ta carrière ne te permettra pas d’atteindre le taux plein à l’âge légal, le rachat de trimestres est une option à étudier. Ce dispositif te permet de compenser des années d’études supérieures ou des périodes d’activité insuffisamment cotisées. Les versements effectués dans ce cadre sont déductibles de ton impôt sur le revenu, ce qui réduit le coût réel de l’opération selon ta tranche marginale d’imposition.

Préparer son départ à la retraite en cinq étapes

Pour aborder sereinement ta fin de carrière, voici les cinq étapes clés à suivre :

  • Vérifier ton relevé de carrière sur info-retraite.fr et signaler toute anomalie au plus vite
  • Estimer le montant de ton indemnité de départ selon ton ancienneté et ta convention collective
  • Calculer l’impact fiscal de cette prime sur tes revenus de l’année de départ
  • Déposer ta demande de retraite au moins 6 mois avant la date souhaitée auprès de l’Assurance retraite et d’Agirc-Arrco
  • Planifier l’utilisation de ton indemnité dans une logique patrimoniale : versement sur un Plan d’Épargne Retraite (PER), remboursement de crédit, ou constitution d’un capital de précaution

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