Tu attends un enfant et tu te demandes combien de temps durera ton congé maternité, à quelle date il débutera, et surtout combien tu percevras chaque mois ? Ce sont des questions légitimes, et les réponses ne sont pas toujours simples à trouver. Je t’accompagne pas à pas dans ce guide pour calculer ta durée de congé, estimer tes indemnités journalières et simuler ton budget selon ta situation professionnelle.
Qu’est-ce que le congé maternité et pourquoi le calculer ?
Le congé maternité est une période légalement protégée pendant laquelle tu peux cesser ton activité professionnelle avant et après l’accouchement. Il se compose d’un congé prénatal (avant la naissance) et d’un congé postnatal (après la naissance). Pendant cette période, la sécurité sociale verse des indemnités journalières pour compenser la perte de salaire.
Calculer ton congé maternité en amont te permet d’anticiper l’organisation de ton départ au travail, de prévenir ton employeur dans les délais, et surtout de lisser ton budget familial. Une estimation réaliste de tes indemnités évite les mauvaises surprises au moment où tu en as le moins besoin.
Durée légale du congé maternité selon ta situation : le tableau récapitulatif
Avant de plonger dans les détails de chaque cas, voici un tableau synthétique qui te permet de connaître d’un coup d’œil la durée totale de ton congé maternité, la répartition entre congé prénatal et congé postnatal, selon le nombre d’enfants attendus et ceux déjà à ta charge.
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant (grossesse simple) | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus (grossesse simple) | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux (grossesse gémellaire) | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
| Grossesse pathologique (arrêt supplémentaire) | +2 semaines avant le congé prénatal légal | Inchangé | +2 semaines |
Comprendre la durée légale du congé maternité
Durée de base du congé maternité
Pour une première ou deuxième naissance, la durée légale du congé maternité est fixée à 16 semaines au total, soit 6 semaines de congé prénatal et 10 semaines de congé postnatal. Si tu attends ton troisième enfant ou plus, cette durée passe à 26 semaines : 8 semaines avant l’accouchement et 18 semaines après. Ta convention collective peut prévoir des dispositions plus favorables, pense à la consulter.
Durée du congé pour naissances multiples (jumeaux, triplés…)
En cas de grossesse gémellaire, tu bénéficies d’un congé de 34 semaines : jumeaux 12 semaines de congé prénatal et 22 semaines de congé postnatal. Pour les triplés ou plus 24 semaines avant la date prévue d’accouchement, puis 22 semaines après. La durée totale peut donc atteindre 46 semaines, soit près de 11 mois de congé maternité.
Durée du congé en cas de grossesse pathologique
Quand la grossesse est compliquée médicalement, un arrêt de travail supplémentaire de 2 semaines peut s’ajouter au congé prénatal habituel. Ce congé pathologique est prescrit par ton médecin sous forme d’un certificat médical. Il n’empiète pas sur la durée légale : la durée totale de ton congé maternité s’allonge donc de 2 semaines supplémentaires.
Calculer les dates de début et de fin de votre congé maternité
Déterminer la date présumée de l’accouchement
Tout part de la date présumée de l’accouchement (DPA), établie par ton médecin ou ta sage-femme à partir de ta dernière date de règles ou de ton échographie de datation. C’est cette date qui sert de référence pour calculer le début de ton congé prénatal. Sans DPA fiable, il est impossible de poser des dates précises de congé maternité.
Calculer la date de début du congé prénatal
Le congé prénatal démarre un certain nombre de semaines avant la date présumée de l’accouchement. Pour une grossesse simple avec un 1er ou 2e enfant, ton congé prénatal commence 6 semaines avant la date prévue. Pour un 3e enfant ou plus, il débute 8 semaines avant. Le début de ton congé correspond donc à la date prévue d’accouchement moins le nombre de semaines prénatal légal.
Calculer la date de fin du congé postnatal
La date de fin du congé postnatal se calcule à partir du jour réel de la naissance, pas de la date présumée. Ajoute à cette date le nombre de semaines de congé postnatal auxquelles tu as droit selon ta situation. Pour un 1er enfant par exemple, la durée du congé postnatal est de 10 semaines après l’accouchement. La date de fin de congé est donc la date d’accouchement réelle plus 10 semaines.
Possibilité d’avancer ou de reporter le congé prénatal
Tu peux reporter jusqu’à 3 semaines de ton congé prénatal sur ton congé postnatal, si ton médecin valide ta bonne santé. L’inverse est également possible : tu peux avancer ton congé de 2 semaines maximum si tu te sens fatiguée. Dans les deux cas, la durée totale de ton congé maternité reste identique, seule la répartition entre période prénatale et postnatale change.
Indemnités journalières : comment sont-elles calculées ?
Conditions d’ouverture des droits aux indemnités journalières
Pour bénéficier des indemnités journalières maternité versées par la sécurité sociale, tu dois notamment être affiliée depuis au moins 10 mois à la date prévue d’accouchement et avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 mois précédant ton arrêt. Tu peux aussi justifier d’une rémunération cotisée suffisante : au moins 12 200,30 € sur les 6 mois précédents, ou 24 400,60 € sur les 12 mois précédant ton arrêt de travail (chiffres 2026).
Calcul du salaire journalier de base (SJB)
Le salaire journalier de base (SJB) se calcule en additionnant tes 3 derniers salaires bruts avant ton arrêt de travail, puis en divisant ce total par 91,25. C’est sur ce montant que se base la CPAM pour fixer tes indemnités. Le salaire pris en compte est plafonné à 4 005 € par mois en 2026, soit le plafond mensuel de la sécurité sociale en vigueur.
Calcul des indemnités journalières pour les salariées
Pour les salariées, l’indemnité journalière de maternité représente 50 % du salaire journalier de base, avant application d’un abattement forfaitaire de 21 % pour la CSG et la CRDS. Par exemple, si tes 3 derniers salaires bruts totalisent 9 000 €, ton SJB est de 9 000 / 91,25 = 98,63 €. Ton indemnité nette après abattement sera d’environ 77,92 € par jour.
Calcul des indemnités journalières pour les indépendantes (micro-entrepreneuses, professions libérales…)
Les travailleuses indépendantes perçoivent une indemnité journalière forfaitaire dont le montant dépend de leurs revenus moyens sur les 3 dernières années. En 2026, l’indemnité standard est de 65,84 € bruts par jour si tes revenus annuels moyens dépassent 4 582 €. En dessous de ce seuil, tu ne perçois que 10 % du montant, soit environ 6,58 € par jour. À cela s’ajoute une allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 € en 2026.
Calcul des indemnités journalières pour les personnes au chômage
Si tu es inscrite à France Travail et que tu remplis les conditions d’affiliation à la sécurité sociale, tu peux percevoir les indemnités journalières de maternité à la place de tes allocations chômage. France Travail suspend le versement de l’ARE pendant ton congé. À la fin de ton congé maternité, tu peux demander la reprise du versement de tes allocations, à condition de toujours remplir les conditions d’inscription et de recherche d’emploi.
Montant maximal des indemnités journalières en 2026
Le montant maximum des indemnités journalières de maternité pour les salariées en 2026 est calculé sur la base d’un plafond mensuel de la sécurité sociale fixé à 4 005 € par mois. Après application de l’abattement de 21 %, le plafond journalier net tourne autour de 104 € par jour en 2026. Ce montant évolue chaque année en fonction de la revalorisation du plafond de la sécurité sociale.
Simulation de votre congé maternité : les informations nécessaires
Pour simuler ton congé maternité avec précision, tu dois rassembler quelques données clés. La date présumée de l’accouchement fournie par ton médecin est le point de départ indispensable. Ensuite, il te faut connaître le nombre d’enfants déjà à ta charge et le nombre d’enfants attendus pour déterminer la durée totale.
Selon ta situation professionnelle, tes 3 derniers bulletins de salaire ou tes revenus déclarés à l’URSSAF sur les 3 dernières années seront nécessaires pour estimer le montant de tes indemnités. Ta convention collective et les accords d’entreprise peuvent également améliorer l’indemnisation de base prévue par la sécurité sociale, donc pense à les vérifier.
Aide au calcul : utilisez notre simulateur gratuit
Simulation pour salariée
Pour simuler ton congé maternité en tant que salariée, additionne tes 3 derniers salaires bruts, divise par 91,25 pour obtenir ton SJB, puis multiplie par 0,5 pour avoir l’indemnité brute journalière. Retire ensuite 21 % pour la CSG/CRDS. Multiplie enfin ce résultat par le nombre de jours de congé maternité : 112 jours pour une grossesse simple du 1er ou 2e enfant, 182 jours pour le 3e enfant ou plus.
Simulation pour indépendante
En tant qu’indépendante, calcule la moyenne de tes revenus nets des 3 dernières années (chiffre d’affaires après abattement forfaitaire). Si cette moyenne dépasse 4 582 €, tu percevras 65,84 € bruts par jour en 2026. Ajoute l’allocation forfaitaire de repos maternel de 4 005 €. Pour 112 jours de congé, le total peut atteindre environ 11 379 € si tu remplis toutes les conditions.
Simulation pour personne au chômage
Si tu es au chômage, vérifie d’abord si tu remplis les conditions d’affiliation à la sécurité sociale (au moins 10 mois d’affiliation). Si c’est le cas, tes indemnités journalières seront calculées sur la base de tes derniers salaires avant l’inscription à France Travail. La CPAM se base sur tes anciens bulletins de salaire, pas sur le montant de ton allocation chômage, ce qui peut jouer en ta faveur.
Cas particuliers et spécificités du congé maternité
Congé maternité en cas de décès de la mère ou de l’enfant
En cas de décès de la mère après l’accouchement, le congé postnatal est transférable au père ou au second parent. Si l’enfant naît sans vie ou décède après la naissance, la mère conserve l’intégralité de son congé maternité et continue de percevoir ses indemnités. Ces dispositions protectrices visent à préserver le droit au repos de la mère et le droit au congé du père, quelle que soit l’issue tragique.
Grossesse pathologique : quand et comment prolonger ?
En cas de grossesse pathologique, ton médecin peut prescrire un arrêt de travail pouvant aller jusqu’à 2 semaines supplémentaires avant le début de ton congé prénatal légal. Cet arrêt est distinct du congé maternité ordinaire et ouvre droit à des indemnités journalières de maladie. Il ne réduit pas la durée de ton congé maternité : les deux périodes s’additionnent. Un certificat médical est obligatoire pour en bénéficier.
Accouchement prématuré : impact sur la durée du congé
En cas d’accouchement prématuré survenant plus de 6 semaines avant la date prévue, la totalité du congé postnatal non encore consommé est intégralement conservée. Autrement dit, tu ne perds aucun jour de congé. En cas d’accouchement tardif, les jours dépassant la date prévue s’ajoutent automatiquement à ton congé, sans réduire la durée du congé postnatal prévu initialement. Cas d’accouchement tardif : ton congé postnatal commence simplement plus tard.
Ce qu’il faut savoir après votre congé maternité
Réintégration dans votre emploi
À l’issue de ton congé maternité, tu retrouves ton poste de travail ou un poste équivalent avec une rémunération au moins identique. Ton employeur ne peut pas te licencier pendant ta grossesse ni pendant les 10 semaines suivant ton retour de congé. Les augmentations générales intervenues pendant ton congé doivent t’être appliquées dès ta reprise, conformément à la législation en vigueur.
Visite médicale de reprise
Dès ton retour au travail, tu dois passer une visite médicale de reprise auprès du médecin du travail. Cet examen est obligatoire et doit avoir lieu dans les 8 jours suivant ta reprise. Il permet de vérifier que ton état de santé est compatible avec ton poste. Si des aménagements sont nécessaires, le médecin du travail peut préconiser un temps partiel thérapeutique ou un changement de poste.
Questions fréquentes sur le calcul du congé maternité
Est-ce que le congé maternité est payé à 100% ?
Pas automatiquement. Les indemnités journalières versées par la sécurité sociale correspondent à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond de la sécurité sociale. En pratique, après l’abattement de 21 %, beaucoup de salariées perçoivent entre 70 et 90 % de leur salaire net. Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient un complément employeur pour atteindre 100 % du salaire net : vérifie ta convention.
Comment connaître la durée exacte de mon congé maternité ?
La durée de ton congé maternité dépend du nombre d’enfants à ta charge avant la naissance et du nombre d’enfants que tu attends. Pour un 1er ou 2e enfant en grossesse simple, la durée légale est de 16 semaines. Pour le 3e enfant ou plus, elle est de 26 semaines. Pour les enfants multiples, la durée atteint 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplés ou plus.
Qui paie les indemnités journalières pendant le congé maternité ?
Les indemnités journalières de maternité sont versées par l’assurance maladie, c’est-à-dire la CPAM. Ton employeur ne les paie pas directement, sauf dans le cadre d’une subrogation : dans ce cas, il te verse l’intégralité de ton salaire et se fait rembourser par la CPAM. Dans tous les cas, c’est la sécurité sociale qui finance l’indemnisation, l’employeur n’est qu’un intermédiaire possible.
Puis-je travailler pendant mon congé maternité ?
Non. Il est interdit de travailler pendant ton congé maternité, que tu sois salariée ou indépendante. Cette interdiction porte sur au moins 8 semaines, dont 6 semaines obligatoires après l’accouchement. Si tu reprends une activité avant la fin de cette période obligatoire, tu perds le bénéfice de tes indemnités et tu devras rembourser les sommes perçues. Pour les indépendantes, une reprise très progressive est possible après les 8 semaines minimales.
Comment déclarer ma grossesse à la CPAM et à la CAF ?
Tu dois déclarer ta grossesse avant la fin du 3e mois de gestation, à l’aide du formulaire fourni par ton médecin ou ta sage-femme. Ce document est à envoyer à la CPAM et à la CAF. La CPAM ouvre tes droits aux indemnités journalières de maternité. La CAF, elle, gère les prestations familiales comme le complément de libre choix du mode de garde. Ces démarches déclenchent également l’envoi du carnet de maternité et le remboursement à 100 % des soins liés à ta grossesse.